lundi 9 juin 2014

Cheerleading au Ironman 5150 Mont-Tremblant

JF a décidé d'essayer le triathlon cette année. Son premier serait le Ironman 5150 de Mont-Tremblant, rien de moins. C'est en fait un triathlon olympique, soit 51,50 km au total (d'où le nom) : 1,5 km de nage, 40 km de vélo et 10 km de course.

On a laissé les cocos chez les grands-parents samedi midi et on est montés à Tremblant en amoureux! Récit de mon escapade de cheerleading en photos!

En route vers Tremblant dans la nouvelle Yaris!

Tremblant toute parée pour les événements Ironman à venir.

Zone de transition samedi après-midi : le calme avant la tempête... 

Dimanche matin : la tempête!

Prêt pour le départ. J'étais contente du choix de modèle de wetsuit de JF...

... parce que les manches zébrées sont plus faciles à repérer dans une mer de gars en wetsuit et casque de bain vert!

 C'est un départ pour 1,5 km de nage!

Sortie de l'eau - "juste" 800 mètres à courir nu-pieds, avec le wetsuit en banane semi-épluchée, pour se rendre à la zone de transition et amorcer la portion vélo... 

 40 km de vélo dans les côtes...

Et 10 km de course pour finir, toujours dans les côtes! 

Et l'arrivée 2h47 plus tard! 

Une belle médaille et une "p'tite frette" bien méritées!

samedi 31 mai 2014

Défi Physio-Extra - 5 km

Course : Défi Physio-Extra
Distance : 5 km 
Lieu : Terrebonne, Québec
Météo : 26 degrés et soleil 
Course #12
5 km #5

Le Défi Physio-Extra pour moi est spécial. D'abord, c'est tout à côté de chez moi, et c'est un très beau parcours sur les sentiers boisés de la Transterrebonne. Et c'est organisé entre autres par mes amis de Physio-Extra! En plus, l'an dernier, c'est là que j'ai fait mon premier 5 km à vie. C'était très gros pour moi. Je me suis réinscrite cette année dès l'ouverture des inscriptions, dans l'espoir d'y faire mon premier 5 km en bas de 30 minutes.

Ouin.

Ma bandelette ne va toujours pas mieux. En ce moment, je fais du fractionné 3:1 (3 minutes de course + 1 minute de marche) pour un gros 12 minutes de course au total. Et j'ai mal avant même d'être rendue à la moitié. J'avais donc l'intention de faire comme à Ottawa - de ne pas prendre le départ et de seulement encourager les autres coureurs. 

Puis quelques jours avant la course, je me suis dit que tant qu'à faire mon 3:1 toute seule chez nous dans l'après-midi, aussi bien le faire sur la Transterrebonne avec plein de monde. Mon inscription était déjà payée anyway et je serais sur place anyway pour encourager l'amoureux, le beau-frère, la nièce et les amis qui participent aussi. Et puis, c'est "juste" 5 km - si ça fait mal, ça fera pas mal bin bin longtemps. 

(C'est fou ce que les perceptions changent en un an, non?!)

Après avoir déposé JF au site de départ, les cocos et moi on est allés se placer le long du parcours, vers le 3e kilomètre. Le plan était d'encourager leur papa et leur oncle Marc-André qui faisaient le demi-marathon (départ à 8h45) et ensuite l'ami Jacou qui faisait le 10 km (départ à 9h), avant de retourner au site de départ pour ma course à moi (départ à 10h30).
Prêts pour les coureurs!

Le plan a bien fonctionné - on a vu tout le monde, et on a eu plein de hi-fives en prime! Les demi-marathoniens du Défi Physio-Extra étaient vraiment "extra" sympathiques!
Top shape 6 jours après Ottawa

De retour au site de la course, j'étais prête pour photographier JF à son arrivée...
 Photo de moi en train de photographier mon chum!

Ensuite c'était mon tour, pour mon 5 km de course/marche. J'ai décidé de laisser faire la montre et d'y aller "au feeling", et de marcher chaque fois que je ressentirais de la douleur.
Peu après le départ - franchement trop contente!

En fin de compte, j'ai marché pas mal mais j'ai couru plus que ce à quoi je m'attendais. Et tous mes bouts de course étaient sous les 6:30/km (dont quelques-uns sous les 6:00/km)!? Bin coudonc! Il faisait beau, le parcours était superbe et ça allait pas si mal, en fin de compte!

J'ai fait les 5 km en 35:38 - c'est 1:19 de PLUS que mon temps de l'an passé (oups!), et bien loin de l'objectif initial de 29:59! Mais dans les circonstances, je suis satisfaite. C'était un entraînement déguisé en course, sans pression, et sur une patte blessée. Et j'ai marché environ 1 km en tout (l'an dernier j'avais couru tout le long). Not bad. La quête du 5 en 30 sera pour un autre jour.
Vers 4 km, et toujours aussi contente!?
Photo : Melletphoto

J'ai souri tout le long et j'ai eu du gros fun! Le Défi Physio-Extra restera assurément une de mes courses chouchou!

dimanche 25 mai 2014

Fin de semaine des courses d'Ottawa - mon premier "DNS"

On s'est inscrit aux courses d'Ottawa dès l'ouverture des inscriptions, l'automne dernier. Moi au 10 km, l'amoureux au marathon (42,2 km). Pour une fois, on pouvait participer tous les deux, car le 5 et le 10 km sont le samedi soir tandis que le demi et le marathon sont le dimanche matin.

Après diverses péripéties (comme apprendre PAR HASARD un mois avant la course que notre hôtel, aussi réservé plusieurs mois d'avance, avait FERMÉ (WTF?!) et devoir se trouver une chambre assez grande pour toute la famille à un mois de l'événement... très le fun magasiner un hôtel à la dernière minute pour LE weekend où 47 000 coureurs sont attendus!), on part donc pour Ottawa toute la gang samedi midi. J'avais déjà décidé que je serais un "DNS" (Did Not Start) parce que ma bandelette, blessée deux semaines avant mon demi-marathon du mois de mai, est loin d'être guérie (j'ai mal après à peine 2 minutes de course). J'aurais sans doute survécu, mais Ottawa n'était pas prioritaire sur ma liste. Mes trois courses importantes cette année étaient RunTheBluegrass au Kentucky en mars, le demi-marathon de Lévis en mai et le demi-marathon de Las Vegas en novembre. Je ne tenais pas assez à mon 10 km d'Ottawa pour risquer d'aggraver ma blessure.

Qu'à cela ne tienne, on part en famille encourager Papa à son deuxième marathon!

L'expo était au centre des congrès et, malgré que je croyais avoir lu sur le site Internet qu'il y aurait un stationnement payant, ce n'était pas le cas. On a zigonné un bout pour se stationner et marché au moins 1 km pour se rendre à l'Expo (FAIL!). On a été chercher nos dossards et nos chandails (même moi... quoique je ne pense pas le porter, puisque je n'ai pas fait la course), on a zyeuté les kiosques de l'Expo, on a même croisé des amies qui faisaient le 21 aussi le lendemain, puis on s'est retapé la longue marche et le trafic de la construction routière pour retourner à HULL (!) trouver notre "hôtel bouche-trou".

L'hôtel était très bien, et SUR le parcours du marathon vers le 20e km (intéressant pour les supporters), MAIS à 3,5 km du départ et de l'arrivée (moins intéressant pour le coureur...). Pas le choix, on s'en contente en se disant que ça aurait pu être pire...

Dimanche matin, JF se lève tôt et part seul pour se rendre au départ. Le départ est à 7h, alors selon mes calculs, il devrait passer devant l'hôtel vers les 8h20-8h30. Je réveille les enfants vers 7h15, et après le déjeuner, la crème solaire et l'habillage, on descend attendre leur papa. (Fait cocasse, on a vu passer le premier coureur du haut de notre 7e étage entre deux bouchées de bagel... il ne devait même pas être 8h!)

Les plus beaux supporters! 

Après avoir vu JF en face de notre hôtel (un peu avant le 20e km), on est allés sur la rue derrière l'hôtel où les marathoniens allaient revenir un peu avant leur 25e km. Et on a aperçu... Batman!
Batman! My hero!

Pas loin derrière Batman, JF est arrivé!

Puis on a marché vers le finish pour l'accueillir après son exploit, en faisant un peu de "tourisme" en chemin.
- On arrive-tu bientôt?
- Non, encore 10 minutes. Regarde les belles fleurs!
- Ouais ouais. Là, on arrive-tu bientôt?
- Non. Hey ici c'est le Parlement!
- C'est quoi le parlement?
- C'est l'endroit où le gouvernem... 
- On arrive-tu bientôt là???

On s'est rendus à quelques dizaines de mètres avant la ligne d'arrivée, mais bizarrement, on a manqué JF. On était bien là, au bon moment, mais on ne l'a pas vu. Après un certain temps, j'ai vérifié le site des résultats et j'ai vu qu'il avait déjà fini. Bin coudonc. On est donc repartis vers le parc où on s'était donné rendez-vous pour après la course. 

Et il est arrivé quelques minutes plus tard, avec sa médaille au cou!
3:16:03 - wow!

On a acheté des limonades extra délicieuses dans un super kiosque en forme de citron (que j'ai oublié de prendre en photo) et on est retournés à pied à l'hôtel. Au total, les cocos ont marché environ 9 km pour encourager leur papa, et j'étais bien fière d'eux! Ils ont fait ça comme des champions! (Même si j'ai entendu "On arrive-tu?" un nombre incalculable de fois!)

Note pour l'an prochain : booker un hôtel proche du site qui ne risque PAS de fermer sans avertir! Ce sera plus le fun pour les cheerleaders, mais aussi pour le marathonien qui ne fera pas 50+ km dans sa journée!

dimanche 4 mai 2014

Mon premier demi-marathon, ou la quête de l'impossible!

Course : Demi-marathon international de Lévis
Distance : 21,1 km (mon premier demi!)
Lieu : Lévis, Québec
Météo : 5 degrés et forts vents (= frette et désagréable)
Course #11
Demi-marathon #1

J'ai décidé il y a longtemps que le demi-marathon de Lévis serait mon premier. D'abord, il est plat. (C'était avant que je découvre au Kentucky que les côtes sont un peu mes amies.) Ensuite, pour une raison que j'ignore, je me dis souvent que je cours pour ma mère. Même si elle n'a jamais été une coureuse et n'aurait probablement pas approuvé (trop peur que je me fasse mal ou que je "m'éreinte"). Mais elle s'est battue courageusement contre le cancer et moi je me bats contre ma sédentarité, pour vivre longtemps et en santé. Il n'y a peut-être pas de lien, mais moi j'en vois un. Et c'est pourquoi je porte toujours du rose quand je cours, pour la sentir près de moi. J'ai donc choisi Lévis parce que c'est la fin de semaine de son anniversaire. Dans deux jours, elle aurait eu 64 ans.

Alors voilà. Je me suis inscrite au demi de Lévis dès l'ouverture des inscriptions, l'automne dernier, alors que j'avais couru 10 km à peine 3 fois auparavant. J'avais du temps et plein d'espoir. Je n'ai pas suivi le plan assidûment (travail, vacances, etc.) mais j'ai fait les longues sorties qu'il fallait : 11, 13, 15 et le fameux 17 km. Celui qui m'a blessée il y a 2 semaines. Pourtant ça allait bien depuis un mois ou deux. Presque pas de bobos. Et là, vlan - mon tendon tibial post qui pète et ma bandelette qui explose, à 2 semaines du jour D. Catastrophe!

Donc après 2 semaines de traitements compulsifs, rendez-vous en ostéo et masso, glace glace glace, advil advil advil, et la confiance en miettes, on part pour Lévis. Je dis "on", parce que le plan initial était d'y aller avec mon amie Isa. Elle a été blessée aussi cet hiver, a décidé de faire le 10 km au lieu du 21 km, et finalement elle m'a dit la semaine dernière qu'elle ne pourrait pas faire le 10 km non plus. Ça ne me dérangeait pas d'y aller seule, mais mon amoureux a décidé qu'il m'accompagnerait avec les enfants, parce que "un premier demi-marathon, c'est important, pas question que tu sois toute seule". Eh bin! La fin de semaine de filles est donc devenue une fin de semaine familiale. Avec les ajustements logistiques que ça impose. Au moins, pas de risque que je me couche tard ou que je passe tout droit le lendemain matin!

Dimanche matin. On se lève et on prend ça relax vu que l'hôtel est à 200 mètres de la ligne de départ. On s'y rend pour 8h15 (le départ est à 8h30). Il fait FRETTE et il VENTE. Il a plu pendant la nuit et le ciel est toujours menaçant. Ça s'annonce pas le fun. Je dis à JF d'aller au chaud avec les enfants et que je le texterai si j'abandonne ou, si par miracle je pense finir, environ 30 minutes avant la fin pour qu'il se rende à l'arrivée. Pas d'allure de faire du cheerleading dans ces conditions (surtout que dans mon état de total déni de la météo, je n'avais pas prévu de tuques ni de mitaines pour les enfants). Un dernier bisou à mes amours et je me mets en ligne avec les autres coureurs. On entend rien de ce qui se dit dans le micro mais un moment donné la masse se met à avancer, et c'est un départ!

Premiers pas de course et pas de bobo. Ça commence bien. Je relève la tête et je vois, sur le trottoir à moins de 100 mètres du départ, ma gang qui a bravé le vent pour me voir partir et qui scrute la foule de coureurs. Je suis du mauvais côté du troupeau pour m'approcher mais je crie leurs noms, on se voit et je les salue vivement. Ça me donne un petit boost dès le départ.

Le parcours est marqué "à l'envers", c'est-à-dire que les pancartes donnent le nombre de kilomètres restants et non le nombre de kilomètres parcourus. Après deux coins de rue et un début de côte qui monte, la première pancarte dit "20 km". Presque déprimant. Au moins, j'ai l'air d'avoir mal nulle part. Ça va bien.

Tout de suite après, le parcours emprunte le boulevard de la Rive-Sud pour une longue ligne droite d'environ 6-7 km, avant de tourner sur la piste cyclable qui nous emmènerait le long du fleuve jusqu'au Juvénat Notre-Dame de St-Romuald, à l'arrivée. 

Autrement dit, les 6 prochains km allaient se faire avec un vent de face à 30km/h... Il y avait des mini-montées et descentes et ça continuait d'aller bien. Et j'ai eu la grande surprise de voir mes amours sur un coin de rue un peu après le 3e kilomètre!!! Je ne m'y attendais pas du tout! Je me suis arrêtée un instant pour des câlins et des becs! Et je suis repartie contre le vent. 

Vers le 5e kilomètre, j'étais à une certaine distance derrière "Monsieur Jaune" et "Madame Mauve". Ils couraient côte-à-côte et Monsieur Jaune semblait être un type vraiment jovial - il criait des remerciements sympathiques à tous les bénévoles, policiers, supporters et autres postés le long du boulevard. Il me faisait sourire. Vers le 6e kilomètre, je suis arrivée à leur hauteur et j'allais les dépasser, quand Monsieur Jaune m'a dit à la blague "Ah bin là une fille qui me dépasse, ça j'aime pas ça!" avant d'éclater de rire. Un gros rire franc de cinquantenaire. J'ai rétorqué "Pas pour longtemps, je marche à tous les kilomètres!". Comme de fait, quelques centaines de mètres plus tard, Monsieur Jaune et Madame Mauve m'ont dépassée à leur tour. Monsieur Jaune n'a pas manqué de me dire "Bientôt, on va l'avoir dans l'dos, le maudit vent!". Effectivement, on a (enfin!) tourné sur la piste cyclable et ouf! le vent dans le dos quelle différence! Soudainement, c'était rendu facile de courir!
Monsieur Jaune et Madame Mauve devant moi sur la piste cyclable

C'était facile de courir jusqu'à ce que Miss Bandelette en décide autrement. Au moins, elle a eu la politesse d'attendre vers le 7e kilomètre avant de se manifester. C'était douloureux, mais tout à fait gérable. J'ai rattrapé Monsieur Jaune et Madame Mauve et couru un peu plus d'un kilomètre "avec" eux (ils ont de vrais noms, finalement : François et Josée). Ils m'ont dit que l'an dernier, quand ils ont fait ce demi, il faisait 20 degrés et beau soleil - tout un contraste avec aujourd'hui! On a parlé de choses et d'autres et j'ai repris mes pauses de marche pour ménager ma bandelette. Josée, qui avait des problèmes de bandelette aussi, a ralenti avec moi. François lui, courait devant un certain temps, puis revenait faire un bout avec nous, et repartait devant quand on marchait. Ça a duré plusieurs kilomètres. 
Tellement beau

Un peu avant le 10e kilomètre, une autre belle surprise : mes amours m'attendaient le long de la piste cyclable! J'ai pu arrêter pour un câlin et plein de sourires! Un gros boost d'énergie avant d'arriver au fleuve! J'ai continué à courir/marcher avec mes "nouveaux amis". Ça passe plus vite! Et puis avant longtemps on devinait la ville de Québec qui se dessinait au loin...

... et enfin le fleuve...

... et woohoo le château Frontenac!
Josée m'a offert de me prendre en photo avec le château en arrière-plan! François, lui, a continué - il ne porte pas de montre en courant mais j'aurais été curieuse de savoir combien il a couru pour VRAI avec tous les allers-retours!

J'ai ensuite eu le grand bonheur de revoir mes cocos vers le 12e kilomètre!
Mes cocos devant le château! 

Vers le 13e kilomètre, ma bandelette en avait plus qu'assez. J'ai définitivement perdu mes deux copains car j'ai dû ralentir et marcher plus souvent. Mais au moins j'ai eu le plaisir de revoir mes amours vers les 14e et 17e kilomètres. Rendue si loin, il n'était plus question d'abandonner. Ils avaient bravé le froid et le vent, et mon amoureux avait fait une super job de cheerleading et de logistique pour me voir souvent, et là, j'allais terminer et les retrouver à l'arrivée. Je courais aussi longtemps que ma jambe me le permettait, et quand elle fléchissait sous moi, je marchais un peu. J'ai alterné course/marche très souvent dans les derniers kilomètres. Plus que j'aurais voulu, mais je continuais d'avancer. Un pas à la fois... J'étais toute seule, mais j'allais finir. Et j'avais la vue pour me distraire (un peu) de la douleur...
 Falaises et fleuve...

 Pont de Québec au loin

Et enfin, la dernière pancarte tant attendue...
Plus que 1 km! J'allais y arriver!

Comme on était venus la veille en auto à St-Romuald pour trouver une crémerie (weekend familial oblige...) et qu'on avait passé sur ce pont et été voir l'aire d'arrivée, je savais que j'étais tout près. Je courais depuis plus de 2h30 et j'allais enfin pouvoir m'arrêter! Et j'aurais ma médaille! Et les petits bras réconfortants de mes enfants pour me serrer fort, fort! Et les yeux fiers de mon amoureux! C'est en pensant à ça que mes petits bouts de course du dernier kilomètre ont été les plus vites de la journée! Et dans les dernières centaines de mètres, j'entendais les cris et les applaudissements des spectateurs, et j'ai vu MES spectateurs qui sautaient et s'exclamaient. J'ai "sprinté" jusqu'à l'arrivée, reçu ma médaille, et même pleuré quelques larmes en retrouvant mes amours. 

J'avais réussi l'impossible. En 2 heures 41 minutes et 50 secondes.


Je tremble, je pleure, je ne sens plus vraiment mes mains et j'accepterais volontiers qu'on m'ampute la jambe droite. Mais je souris!!!

Un demi-marathon, pour moi, c'était gros, très gros. Et même pour une "bonne journée". Là, ce n'était PAS une bonne journée. La météo était contre moi, et mon propre corps l'était aussi. En arrivant à Lévis la veille, je préférais ne pas évaluer objectivement mes chances de réussite. J'avais mis de côté tous mes éventuels objectifs de temps et mon seul but était de conquérir la distance et de finir ce premier demi-marathon. Et je suis TRÈS fière de pouvoir dire "mission accomplie!"

Un beau dossard pour ma collection, et une belle médaille avec du ROSE sur le ruban!!!

* Ajout du lendemain de la course : en regardant le tracé de ma Garmin, j'en reviens pas encore d'avoir couru d'une ville à une autre ville! Impressionnant!

lundi 31 mars 2014

Run The Bluegrass, ou la course parfaite!

Course : Run The Bluegrass 7-miler
Distance : 11,25 km (7 miles), juste de côtes
Lieu : Lexington, Kentucky
Météo : 4 degrés, vent et pluie
Course #10

Le Kentucky n'est pas nécessairement une destination recherchée des Québécois, mais j'ai un faible pour Lexington ("horse capital of the world", rien de moins). Peut-être à cause de Secretariat. Ou peut-être juste à cause de la grande beauté des pâturages de chevaux à perte de vue. Bref, en plein coeur de janvier et de la haute saison de traduction, j'ai décidé qu'une petite pause seule me ferait du bien. Alors pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable? 

Il faut dire que l'an dernier, lors de mon voyage de vélo avec mon amie Isa, on a pédalé une partie du parcours. L'enfilade infinie de côtes m'avait complètement découragée. Je m'étais dit à ce moment que jamais de ma vie je n'arriverais à courir un tel parcours. Mais le frette de notre hiver particulièrement désagréable et les journées de 14+ heures de travail ont eu raison de mon bon sens et j'étais prête à tout pour revoir Lexington et pour participer à ce qui avait l'air d'être la course la plus le fun et la mieux organisée du monde selon sa page Facebook - même à mourir un peu dans 11,25 km de côtes.

C'est donc avec un léger sentiment de syndrome de l'imposteur que je suis partie de Dorval vendredi matin pour mon escapade de moins de 48 heures (j'ai telllllement pas l'air d'une coureuse internationale! haha!). Après le déglaçage interminable de l'avion (merci tempête de neige de fin mars) et une connexion manquée à Detroit, je suis finalement arrivée à destination. Avec onze heures de transit dans le corps, un restant de mal de coeur de toute la turbulence du dernier vol mais aussi mon plus grand sourire, j'étais enfin là! Direction Expo, à la piste de course Keeneland (site de départ et d'arrivée de la course, et d'ailleurs site de tournage pour les films Secretariat et Seabiscuit!), pour faire le plein de marchandise officielle et récupérer ma trousse de participant. 


Dossard, programme et chandail technique du participant (Nike Dry-Fit!)

Chaque année, la course met à l'honneur un des grands chevaux de course de l'histoire. Cette année, tout était à l'effigie et aux couleurs de Zenyatta.


Tellement chanceuse de tomber sur une année avec du ROSE!

Plusieurs activités étaient proposées aux coureurs pendant le "race weekend" - visites guidées de Keeneland, de producteurs de bourbon et de fermes d'élevage de chevaux de course, souper pré-course, party post-course, cours de yoga du lendemain matin, etc. Comme je ne restais vraiment pas longtemps, j'ai pris seulement la visite du parcours du demi-marathon en autobus (pour voir si les côtes étaient aussi pires que dans mon souvenir).

Le paysage est comme ça tout le long du parcours. À couper le souffle.
Mais ça donne aussi une idée d'à quel point il n'y a aucun plat nulle part!

J'ai ensuite passé la soirée à l'hôtel à essayer plein de kits et me demander ce que je porterais le lendemain, parce que la météo annoncée était vraiment atroce. C'était presque distrayant de stresser sur autre chose que les côtes. 

Samedi matin. Il faisait effectivement frette et laid dehors. Déjeuner rapido et hop, en route pour Keeneland. J'ai fini par mettre presque tout ce qu'il y avait dans ma valise, et j'ai apporté mon petit imperméable de vélo au cas. Une chance, parce qu'il a commencé à pleuvoir juste avant le départ. Tant pis pour mon beau costume de "Team Canada" (j'étais une des quatre Canadien(ne)s sur les 4000+ coureurs - ça méritait un costume... qu'on a pas tellement vu, mais l'intention était là).


Le prix du meilleur costume revient assurément à ce trio : Zenyatta elle-même, son jockey et la madame-spectatrice-de-derby (qui devait être congelée la pauvre!).

J'étais dans la vague 7, comme tous les autres participants du 7-miler. La première vague partait à 9h, et les vagues se succédaient toutes les 2 minutes. Chaque vague avait droit à son propre décompte par Eric, le directeur de la course, et le monsieur-à-trompette-de-Keeneland.

Enfin 9h12, et c'est un départ!

J'ai peu de souvenirs de la course comme telle. Évidemment, vu le temps de MARDE, tous les chevaux étaient restés à l'intérieur, et les pâturages étaient vides. Et vu le printemps tardif là-bas aussi, les champs étaient plus bruns que verts et les arbres étaient toujours dénudés. Mais je ressentais quand même une grande sérénité. C'est ma première course où je n'ai rien pensé de plate ("c'est don bin long", "j'ai juste 1 km de fait", "je suis vraiment tannée", "c't'idée aussi de faire des courses", "j'ai vraiment payé pour ça?", etc.). En fait, je n'ai rien pensé du tout, je profitais du silence seulement meublé par le bruit de la pluie et des pas des coureurs. Comme le parcours emprunte des rangs de campagne et traverse des grosses fermes d'élevage de chevaux de course, il y a très peu de spectateurs. Mais les sourires des bénévoles frigorifiés aux stations d'aide et des quelques courageux qui ont bravé les conditions météo donnaient tout un boost. Malgré le frette et le vent, j'avais l'impression de gambader dans un champ de fleurs en chantant "lalalalala". Bref, j'étais heureuse d'être là. J'ai l'impression d'avoir couru avec le sourire tout le long.

 Je trippe, malgré les piscines dans mes souliers!

Évidemment, c'est facile d'avoir l'air heureux pour les photos. Mais voici ma face avant que je me rende compte qu'il y avait un photographe :

 Juste trop contente!
Et la couette au vent... j'ai l'air d'aller viiiiiite!

Et vraiment beaucoup de côtes plus tard...
  
... enfin la ligne d'arrivée!
Épuisée, mais toujours souriante!? 

Enfin! Une bénévole m'a mis ma médaille au cou, et dès que j'ai été à l'abri de la pluie, j'ai immortalisé le moment en photo :

Malgré les doigts et le cerveau gelés, je suis assez contente de ma photo, car en général, mes selfies ont plutôt l'air de ceci :
 Selfie raté #1

Selfie raté #2
Oui, ma face était gelée dans cette position.

Je me suis séchée et changée, j'ai bu et mangé (il y avait tellement de choix!), j'ai profité des massages gratuits, j'ai fait graver mon nom et mon temps (1:26:18) sur ma médaille, j'ai pris quelques selfies ratés (voir plus haut), puis je suis retournée à l'hôtel pour une douche chaude bien méritée. Et oui, ma face a fini par dégeler de sa position de sourire niais figé!

C'était ma plus longue distance de course à vie, et de loin le parcours le plus difficile (ai-je parlé des CÔTES??? et de la météo de MARDE???). Mais c'était aussi ma plus belle course jusqu'à maintenant, tant pour son paysage que pour son déroulement. L'ambiance et l'organisation étaient absolument parfaites. Et que dire de la médaille...! I'm in LOVE!
Jamais été aussi fière d'un dossard et d'une médaille!

Le voyage en valait-il la peine? Absolument! Suis-je déjà inscrite pour les 13.1 miles du demi-marathon l'an prochain? Ça se pourrait bien...!