Quoi de mieux pour finir ma première "vraie" saison de courses qu'une course joyeuse costumée en père Noël? Je me suis inscrite avec l'amoureux - moi au 5 km et lui au 10.
Ça ne paraît pas tellement, mais on sourit sous nos barbes!
C'était notre première course en "duo", c'est-à-dire à laquelle on participait tous les deux en même temps. Il fallait donc une "petite gardienne" (parce que la belle-famille est toujours beaucoup sollicitée, et si on veut continuer de faire des courses ensemble, aussi bien prévoir un plan B tout de suite). On a trouvé une perle prête à se lever super tôt un samedi matin pour venir s'occuper du trio pendant que les parents iraient jouer aux pères Noël de course. (Oui, on est des gens sérieux!)
Jupette "noëllisée" pour l'occasion
Donc après avoir été chercher la gardienne, vérifié qu'on avait tous les morceaux du costume et donné des becs aux cocos, c'est un départ en direction de Boucherville. On croise d'autres autos remplies de pères Noël et on trouve ça comique. On se stationne facilement à moins de 100 mètres de la ligne de départ. Il y a des toilettes en masse pour les quelque 600 pères Noël attendus. Ça commence bien. Mais il fait frette...
Mon départ est à 9h et celui de JF est à 9h45. Le parcours est une boucle de 2,5 km que je devrai faire 2 fois, et lui 4 fois. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais moi j'aime les boucles. On sait ce qui s'en vient et on peut se fixer des repères, et on voit "notre monde" plus souvent que seulement au début et à la fin. Quoique aujourd'hui, mon spectateur personnel risque d'être moins facile à repérer dans la mer de pères Noël... (mais un petit jeu de "Où est Charlie" à la mi-parcours pourrait me faire penser à autre chose qu'à quel point je suis en train de
mourir rusher...).
Des pères Noël à perte de vue!
Parce que oui, je m'attends à trouver ça dur. Évidemment, je n'ai pas choisi la bonne course pour essayer de faire un PB (
personal best), et encore moins pour passer pour la première fois sous la barre des 30 minutes. Disons-le, 1) la nouvelle tendinite des extenseurs des orteils diagnostiquée cette semaine, 2) la gastro qui est entrée chez nous il y a 2 jours et 3) le costume de père Noël, sont des facteurs peu propices aux records! Malgré cela, j'espère que la magie de Noël va opérer et je me suis fixée les objectifs suivants :
Objectif A, très ambitieux : 29:59 (pace < 6:00/km);
Objectif B, ambitieux mais possible si ça va bien : < 6:10/km (mon meilleur pace à l'entraînement sur 5 km);
Objectif C, réaliste : battre mon meilleur temps officiel, soit 33:14.
Le 29:59, j'y croyais moyen. Ma nature étant ce qu'elle est, je n'aime pas trop forcer. Mais je voulais savoir ce que j'avais dans le ventre avant la fin de la saison et essayer de faire comme les "vrais" coureurs sur 5 km, soit y aller
all out. Ou, dans les mots de mon amie
Geneviève :
1er km : un peu difficile
2e km : difficile
3e km : impression de mourir, envie très forte de ralentir
4e km : probablement morte, tu ne sais plus trop
5e km : regain d'espoir, tu accélères pour finir ce calvaire au plus sacrant, t'as plus d'oxygène du tout pendant les 400 derniers mètres
Beau programme... Avec ça en tête (et les pieds gelés durs), je me place à la ligne de départ, et c'est parti!
0-1 km : Mes pieds ne dégèlent pas - ils sont raides et ne "plient" pas. Il y a des nappes de glace sur la route qu'il faut éviter. Ma tendinite fait déjà mal. Premier km en 5:29. Shit, je vais trop vite, je vais manquer de jus avant la fin.
1-2 km : Mon départ canon se fait sentir et j'ai vraiment envie de marcher, mais je résiste. Je me permets de ralentir un peu (ça va quand même plus vite que marcher). Je commence à avoir chaud. J'ai des poils de barbe de père Noël dans la bouche. Bref, je suis un père Noël pas trop souriant. Deuxième km en 6:01. Le pace est mieux, mais je fatigue.
2-3 km : J'atteins la mi-parcours et je commence la deuxième boucle. Plus de 50% de fait. Mes pieds commencent à dégeler un peu (enfin!). J'ai vraiment chaud. La barbe me gosse. Troisième km en 6:15. Mes capacités de calcul mental ne sont pas particulièrement efficaces, mais il me semble que le 29:59 est encore possible si j'accélère et je maintiens 6:00/km.
Mi-parcours... Hohoho ça achève-tu?
3-4 km : Je ne suis pas capable d'accélérer. J'opte pour faire de courts intervalles vite-lent en espérant sprinter mon dernier km (on sait jamais, peut-être que je pourrai m'accrocher au petit renne au nez rouge dans le dernier droit). Quatrième kilomètre en 6:22. C'est vite pour moi, mais ce ne sera pas suffisant. Bye bye objectif A.
4-5,09 km : J'ai trop chaud. Je finis même par enlever ma tuque (c'est tout dire). Je continue d'accélérer et de ralentir - n'importe quoi pour changer le mal de place sans marcher. Vers 500m de la fin, je vois la ligne d'arrivée. Je me répète que c'est presque fini et que je suis capable de tout pendant 500m, même courir super vite! (Mon pied qui fait mal n'est pas trop d'accord...) Mini-sprint sur les 100 derniers mètres, et enfin FINI! Dernier kilomètre en 6:22; le 0,09 km excédentaire en 0:28. La face du père Noël est probablement aussi rouge que son
suit.
Temps officiel : 30:58 (6:11/km).
Selon ma Garmin : 30:58 sur 5,09 km (soit 6:05/km; 30:30 sur 5 km).
Rang chez les filles : 47 sur 188 (je me fous complètement de mon classement, mais pour une fois que je suis dans le top 25%, aussi bien le souligner!)
Objectif B réussi. Une partie de moi est un peu déçue de ne pas avoir réussi à passer sous les 30 minutes. En même temps, c'était un objectif TRÈS ambitieux, et les conditions étaient loin d'être idéales. En plus, j'ai retranché 2:16 sur mon meilleur temps officiel et près de 5 minutes sur mes temps sur 5 km du début de la saison, ce qui n'est pas rien!
Et l'amoureux, lui?
Où est Charlie JF?
Et l'autre coureuse en jupette?
Il a gagné le 10 km en 42:05!
Bref, c'était le FUN (même si ce n'est peut-être pas l'impression que donne mon compte-rendu!). Une belle course festive, au frette, avec des chansons de Noël et des bénévoles habillés en lutins. (Il ne manquait que le chocolat chaud avec des mini-guimauves dedans!) Tout plein de coureurs, de tous les âges et de tous les calibres, qui ne se prennent pas au sérieux et qui courent en père Noël. C'était d'ailleurs un peu surréaliste, mais vraiment agréable, de crier "Go Père Noël!" à tous les coureurs du 10 km que j'ai eu le plaisir d'encourager après ma propre course! Et ça ne pouvait pas mieux conclure ma saison 2013!