lundi 31 mars 2014

Run The Bluegrass, ou la course parfaite!

Course : Run The Bluegrass 7-miler
Distance : 11,25 km (7 miles), juste de côtes
Lieu : Lexington, Kentucky
Météo : 4 degrés, vent et pluie
Course #10

Le Kentucky n'est pas nécessairement une destination recherchée des Québécois, mais j'ai un faible pour Lexington ("horse capital of the world", rien de moins). Peut-être à cause de Secretariat. Ou peut-être juste à cause de la grande beauté des pâturages de chevaux à perte de vue. Bref, en plein coeur de janvier et de la haute saison de traduction, j'ai décidé qu'une petite pause seule me ferait du bien. Alors pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable? 

Il faut dire que l'an dernier, lors de mon voyage de vélo avec mon amie Isa, on a pédalé une partie du parcours. L'enfilade infinie de côtes m'avait complètement découragée. Je m'étais dit à ce moment que jamais de ma vie je n'arriverais à courir un tel parcours. Mais le frette de notre hiver particulièrement désagréable et les journées de 14+ heures de travail ont eu raison de mon bon sens et j'étais prête à tout pour revoir Lexington et pour participer à ce qui avait l'air d'être la course la plus le fun et la mieux organisée du monde selon sa page Facebook - même à mourir un peu dans 11,25 km de côtes.

C'est donc avec un léger sentiment de syndrome de l'imposteur que je suis partie de Dorval vendredi matin pour mon escapade de moins de 48 heures (j'ai telllllement pas l'air d'une coureuse internationale! haha!). Après le déglaçage interminable de l'avion (merci tempête de neige de fin mars) et une connexion manquée à Detroit, je suis finalement arrivée à destination. Avec onze heures de transit dans le corps, un restant de mal de coeur de toute la turbulence du dernier vol mais aussi mon plus grand sourire, j'étais enfin là! Direction Expo, à la piste de course Keeneland (site de départ et d'arrivée de la course, et d'ailleurs site de tournage pour les films Secretariat et Seabiscuit!), pour faire le plein de marchandise officielle et récupérer ma trousse de participant. 


Dossard, programme et chandail technique du participant (Nike Dry-Fit!)

Chaque année, la course met à l'honneur un des grands chevaux de course de l'histoire. Cette année, tout était à l'effigie et aux couleurs de Zenyatta.


Tellement chanceuse de tomber sur une année avec du ROSE!

Plusieurs activités étaient proposées aux coureurs pendant le "race weekend" - visites guidées de Keeneland, de producteurs de bourbon et de fermes d'élevage de chevaux de course, souper pré-course, party post-course, cours de yoga du lendemain matin, etc. Comme je ne restais vraiment pas longtemps, j'ai pris seulement la visite du parcours du demi-marathon en autobus (pour voir si les côtes étaient aussi pires que dans mon souvenir).

Le paysage est comme ça tout le long du parcours. À couper le souffle.
Mais ça donne aussi une idée d'à quel point il n'y a aucun plat nulle part!

J'ai ensuite passé la soirée à l'hôtel à essayer plein de kits et me demander ce que je porterais le lendemain, parce que la météo annoncée était vraiment atroce. C'était presque distrayant de stresser sur autre chose que les côtes. 

Samedi matin. Il faisait effectivement frette et laid dehors. Déjeuner rapido et hop, en route pour Keeneland. J'ai fini par mettre presque tout ce qu'il y avait dans ma valise, et j'ai apporté mon petit imperméable de vélo au cas. Une chance, parce qu'il a commencé à pleuvoir juste avant le départ. Tant pis pour mon beau costume de "Team Canada" (j'étais une des quatre Canadien(ne)s sur les 4000+ coureurs - ça méritait un costume... qu'on a pas tellement vu, mais l'intention était là).


Le prix du meilleur costume revient assurément à ce trio : Zenyatta elle-même, son jockey et la madame-spectatrice-de-derby (qui devait être congelée la pauvre!).

J'étais dans la vague 7, comme tous les autres participants du 7-miler. La première vague partait à 9h, et les vagues se succédaient toutes les 2 minutes. Chaque vague avait droit à son propre décompte par Eric, le directeur de la course, et le monsieur-à-trompette-de-Keeneland.

Enfin 9h12, et c'est un départ!

J'ai peu de souvenirs de la course comme telle. Évidemment, vu le temps de MARDE, tous les chevaux étaient restés à l'intérieur, et les pâturages étaient vides. Et vu le printemps tardif là-bas aussi, les champs étaient plus bruns que verts et les arbres étaient toujours dénudés. Mais je ressentais quand même une grande sérénité. C'est ma première course où je n'ai rien pensé de plate ("c'est don bin long", "j'ai juste 1 km de fait", "je suis vraiment tannée", "c't'idée aussi de faire des courses", "j'ai vraiment payé pour ça?", etc.). En fait, je n'ai rien pensé du tout, je profitais du silence seulement meublé par le bruit de la pluie et des pas des coureurs. Comme le parcours emprunte des rangs de campagne et traverse des grosses fermes d'élevage de chevaux de course, il y a très peu de spectateurs. Mais les sourires des bénévoles frigorifiés aux stations d'aide et des quelques courageux qui ont bravé les conditions météo donnaient tout un boost. Malgré le frette et le vent, j'avais l'impression de gambader dans un champ de fleurs en chantant "lalalalala". Bref, j'étais heureuse d'être là. J'ai l'impression d'avoir couru avec le sourire tout le long.

 Je trippe, malgré les piscines dans mes souliers!

Évidemment, c'est facile d'avoir l'air heureux pour les photos. Mais voici ma face avant que je me rende compte qu'il y avait un photographe :

 Juste trop contente!
Et la couette au vent... j'ai l'air d'aller viiiiiite!

Et vraiment beaucoup de côtes plus tard...
  
... enfin la ligne d'arrivée!
Épuisée, mais toujours souriante!? 

Enfin! Une bénévole m'a mis ma médaille au cou, et dès que j'ai été à l'abri de la pluie, j'ai immortalisé le moment en photo :

Malgré les doigts et le cerveau gelés, je suis assez contente de ma photo, car en général, mes selfies ont plutôt l'air de ceci :
 Selfie raté #1

Selfie raté #2
Oui, ma face était gelée dans cette position.

Je me suis séchée et changée, j'ai bu et mangé (il y avait tellement de choix!), j'ai profité des massages gratuits, j'ai fait graver mon nom et mon temps (1:26:18) sur ma médaille, j'ai pris quelques selfies ratés (voir plus haut), puis je suis retournée à l'hôtel pour une douche chaude bien méritée. Et oui, ma face a fini par dégeler de sa position de sourire niais figé!

C'était ma plus longue distance de course à vie, et de loin le parcours le plus difficile (ai-je parlé des CÔTES??? et de la météo de MARDE???). Mais c'était aussi ma plus belle course jusqu'à maintenant, tant pour son paysage que pour son déroulement. L'ambiance et l'organisation étaient absolument parfaites. Et que dire de la médaille...! I'm in LOVE!
Jamais été aussi fière d'un dossard et d'une médaille!

Le voyage en valait-il la peine? Absolument! Suis-je déjà inscrite pour les 13.1 miles du demi-marathon l'an prochain? Ça se pourrait bien...!

samedi 1 février 2014

Triathlon d'hiver de St-Donat (5 km)

Course : Triathlon d'hiver de St-Donat (Endurance Aventure)
Distance : 5 km
Lieu : St-Donat
Météo : -17 degrés, soleil
Course #9
5 km #4

C'est parti pour la saison 2014!

Quand j'ai vu cette vidéo l'automne dernier, j'ai été séduite! (Moi qui, pourtant, HAÏS suprêmement l'hiver...) Et je me suis inscrite au 5 km dès l'ouverture des inscriptions - j'ai même été la première inscrite!

Je me suis dit que de participer à une course hivernale m'obligerait à continuer de courir un peu dehors malgré mon amour du tapis roulant. C'était AVANT que janvier décide d'enchaîner les "vortex polaires" et les journées dans les -20 et -30...

Donc l'enthousiasme n'était pas tellement au rendez-vous. D'autant plus que ma partner de courses est blessée et n'allait pas venir, et que mes pattes à moi montrent aussi des signes de bobo imminent depuis quelques semaines. Malgré tout, j'ai décidé que s'il ne faisait pas trop froid, j'irais quand même.

Samedi matin, 5h30. On annonce -5, alors go, on y va! Mais comme il était trop tôt pour que mon cerveau soit fonctionnel, je n'ai pas réalisé que c'était le maximum annoncé chez moi qui serait atteint vers les 16h. Quand je suis arrivée à St-Donat à 7h30, le mercure était bien installé dans les -20. Oups! Bon bin tant qu'à avoir fait 1h30 d'auto... J'ai récupéré mon dossard et ma puce (et eu une tuque de l'événement en prime!) et je me suis rendue au parc où avait lieu le départ. Plus que 1h15 à attendre...

Heureusement, il y avait un genre de chalet chauffé dans lequel se réfugier en attendant notre heure de départ. Il y avait trois vagues pour les triathlètes et les coureurs du 5 km et du 10 km se greffaient à la dernière vague. Le chalet s'est donc désencombré un peu et j'ai pu me "déshabiller" en tenue de course après le gros de la cohue (et après avoir passé tout ce temps à observer les choix vestimentaires des autres "fous de l'hiver" et à débattre intérieurement si je gardais mon mini-polar ou non). Ce que je n'aime pas des courses non estivales, ce n'est pas de courir par temps froid - c'est de gérer l'intervalle entre le moment où on enlève nos vêtements chauds et le départ. Le système multicouches, c'est bien beau quand on court, mais c'est pas super efficace quand on attend à -20. Cette fois-ci j'ai bien géré mon affaire - prête vers 9h08 pour un départ à 9h15 sur le lac de l'autre côté de la rue. Quelques minutes de jogging et d'étirements actifs, et nous voilà partis! (Mais ces quelques minutes ont suffi pour que je ne sente absolument plus mes pieds... ah les joies de l'hiver!)

Le premier 400 mètres était une boucle sur le lac gelé, dans de la grosse neige. Pas évident! Le reste du parcours empruntait la route qui longe le lac (ouf!). Et tout de suite, ça monte. Pas tellement, mais quand même... (évidemment, à St-Donat, il y a des CÔTES!!! pourquoi n'avais-je pas pensé à ce "détail"???) Pas grave, j'allais courir au feeling, sans me soucier de mon temps, et marcher les descentes pour ne pas blesser mes jambes déjà un peu amochées. De toute façon, le plan d'entraînement prévoyait 30-35 minutes d'endurance fondamentale aujourd'hui, alors pas de presse. Mon objectif était seulement de me rendre à l'arrivée et de ne pas aggraver mon début de périostite ni de causer aucune autre blessure.

Étonnamment, après la boucle sur le lac, j'ai dépassé quelques personnes, qui ne m'ont pas redépassée par la suite! Une première! Ça et le fait que je n'ai pas passé toute la course à faire du calcul mental... (Je ne sais pas pourquoi, mais une bonne partie de mes courses est occupée par des règles de trois infinies pour déterminer j'ai combien de pourcent du parcours de fait... weird, je sais!) Donc je me contentais d'écouter mes pas dans la neige, et j'avais du fun!

Jusque vers le 4e kilomètre, j'étais toujours un peu devant ou un peu derrière une jeune fille d'une dizaine d'années. À un certain moment, alors que je courais à côté d'elle, je lui ai demandé son nom. Kim. Je lui ai dit que je la trouvais pas mal bonne. Elle a souri et m'a redépassée.
 

Pas longtemps après sa mère m'a rejoint. J'ai même jasé un peu avec elle (une autre première! Depuis quand suis-je capable de "jaser" en courant?). Ses deux enfants participaient la course, l'impressionnante Kim de 9 ans et son fils de 8 ans un peu plus loin derrière, et elle faisait la navette entre les deux. Inspirant.

Et puis... c'était fini. Déjà? Curieusement, ça a passé vite! Peut-être parce que je n'ai pas regardé ma montre ni écouté de musique? Mon temps officiel a été de 35:29, quoique ma Garmin dit 35:20 pour 5,05 km, pour un pace moyen de 6:59 min/km - pile poil ce que prévoyait le programme! Et pas de bobo, yééé!
Mes premiers cils glacés!

Bref, une course comme je les aime, avec pas trop de monde, un décor enchanteur et de belles conditions pour une journée d'hiver (soleil, pas de vent, donc pas si pire froid). À refaire!


lundi 2 décembre 2013

Récap semaine du 25 novembre

Pour maintenir mon volume sans aggraver l'état de mon pied, j'ai "fait du fractionné" (intervalles course/marche) sur le tapis roulant cette semaine. J'ai horreur de l'admettre, mais je pense que ça a fait une bonne différence. Si mon pied faisait mal vers la fin de l'intervalle de course, il redevenait "comme neuf" après la minute de marche. Si c'est ce qu'il faut pour me réaccoutumer au tapis après plusieurs mois de course à l'extérieur... 

Lundi : repos

Mardi : sortie à l'extérieur qui s'annonçait mollo mais qui est devenue un test sur 3 km. En 17:49!!! J'en reviens pas encore! J'ai fini par un cool-down relax de 1,5 km en 11 minutes et des poussières. Quand même étonnant à quel point le pied fait vraiment moins mal dehors que sur le tapis.

Mercredi : 40 minutes de tapis en fractionné 9:1, avec changements de vitesse toutes les minutes (5,7 km). En soirée, j'ai décidé d'aller tester la première neige : 3,16 km mollo en 23:14.

Jeudi : 54 minutes de tapis en fractionné 5:1, avec pyramides et changements de vitesse toutes les minutes (7,22 km).

Vendredi : 30 minutes de tapis en fractionné 5:1, avec pyramides et changements de vitesse toutes les minutes ou vitesse constante et changement de pente toutes les minutes (4,0 km)

Samedi : 50 minutes de tapis en fractionné 9:1 avec changements de vitesse toutes les minutes (7,03 km). Oui, j'aime ça les changements toutes les minutes. Je suis convaincue que les variations fréquentes permettent de solliciter mes structures différemment et de réduire le risque de nouveau bobo, en plus de faire passer le temps plus vite (non négligeable quand tu cours longtemps sur un tapis roulant avec rien pour te divertir)! Le pied s'améliore et fait de moins en moins mal.

Dimanche : pas très motivée ce soir (2h de marche pour la guignolée en matinée et grosse semaine dans le corps!) mais quand même 25 minutes de tapis avec 2x 1 minute de marche (3,55 km).

Total de la semaine : 35,03 km. J'ai battu mon ancien record de 31,69 km qui datait de la mi-octobre! Et la mécanique semble tenir le coup!

mardi 26 novembre 2013

17:49!

La quête du 5 en 30 se poursuit!

Après ma course en pères Noël où je n'ai pas réussi à passer sous les 30 minutes pour 5 km (<6:00/km), j'ai réalisé que je n'avais même jamais réussi 3 km à cette vitesse (<6:00/km soit <18:00). Mon meilleur temps sur 3 km a été réalisé dernièrement à l'entraînement : 18:32 (presque 6:11/km). Et le plus longtemps que j'avais tenu un pace <6:00/km était environ 1,25 km il y a quelques semaines. Penser que je pouvais faire 5 km en moins de 30 minutes était, disons-le, optimiste!

Quand je suis sortie courir dehors aujourd'hui, et quand j'ai regardé ma montre pour la première fois environ 200 mètres après être partie et que j'ai vu que je courais dans les 5:50/km, je me suis dis tiens tiens... Et si j'essayais de franchir la première étape logique et de faire 3 km en moins de 18:00? Alors go, on garde le rythme!

Km 0 à 1 : Ça va bien! 5:58.

Km 1 à 2 : Je survis! Peut-être que je pourrais me rendre à 5 et prendre ma "revanche"... qui sait? On continue! 5:56.

Km 2 à 3 : Un coup d'oeil à ma montre et je cours autour de 6:20/km... oh oh, j'ai ralenti! Je réaccélère. Je fatigue. C'est évident que 5 c'est hors de ma portée (non mais franchement, quelle idée épaisse j'ai eue!), mais je peux quand même réussir 3! Le pace moyen est revenu sous les 6:00/km. Je vais y arriver. Je regarde ma montre à peu près tous les 50 mètres dans le dernier 400-500 mètres (et pourtant, je connais mon circuit de 3 km par coeur, et je sais très bien à quel endroit je serai rendue à 3 km!) et je me répète que je peux tout faire pour 300 mètres... 200 mètres... 100 mètres... Je passe devant ma maison et je sais qu'après le croche je pourrai arrêter... Ça y est! 5:56 pour le 3e km.

Et le temps? 17:49!!! J'ai du mal à y croire, mais c'est pourtant bel et bien vrai! Woohoo!

lundi 25 novembre 2013

Récap semaine du 18 novembre

Petite semaine, vu qu'il y avait une course au programme en plus du nouveau bobo au pied apparu la semaine dernière depuis le retour du tapis roulant...

Lundi
Pyramide sur le tapis roulant : 9min à 7:30/km; 5min à 6:45/km; 2min à 6:00/km; 5min à 6:45/km; 9min à 7:30/km. Total 30 minutes et 4,21 km. Le pied fait mal et devient rouge et enflé en soirée. Schnout.

Mardi
Rendez-vous en physio. On exclut la fracture de stress (fiou!) et on diagnostique une tendinite des extenseurs des orteils. Un nouveau bobo dans ma collection, mais un que je sais comment gérer et qui ne m'impose pas de restrictions de course. Pas si mal.

Mercredi
Je teste le pied dehors - presque pas mal! Yééé! Je fais un "petit" 3 km sans trop regarder la montre, avec quelques accélérations d'environ 20 secondes (<5:30/km). À ma grande surprise, un nouveau meilleur temps "sans essayer" de 18:32 sur 3 km!

Jeudi et vendredi
Congé - pour reposer le pied... et lutter contre la gastro!

Samedi
Défi des pères Noël - 5 km.

Dimanche
Tapis roulant : 25 minutes et 3,65 km. Le pied continue de faire beaucoup plus mal sur le tapis qu'à l'extérieur.

samedi 23 novembre 2013

Défi des pères Noël

Quoi de mieux pour finir ma première "vraie" saison de courses qu'une course joyeuse costumée en père Noël? Je me suis inscrite avec l'amoureux - moi au 5 km et lui au 10.

Ça ne paraît pas tellement, mais on sourit sous nos barbes!

C'était notre première course en "duo", c'est-à-dire à laquelle on participait tous les deux en même temps. Il fallait donc une "petite gardienne" (parce que la belle-famille est toujours beaucoup sollicitée, et si on veut continuer de faire des courses ensemble, aussi bien prévoir un plan B tout de suite). On a trouvé une perle prête à se lever super tôt un samedi matin pour venir s'occuper du trio pendant que les parents iraient jouer aux pères Noël de course. (Oui, on est des gens sérieux!)

Jupette "noëllisée" pour l'occasion

Donc après avoir été chercher la gardienne, vérifié qu'on avait tous les morceaux du costume et donné des becs aux cocos, c'est un départ en direction de Boucherville. On croise d'autres autos remplies de pères Noël et on trouve ça comique. On se stationne facilement à moins de 100 mètres de la ligne de départ. Il y a des toilettes en masse pour les quelque 600 pères Noël attendus. Ça commence bien. Mais il fait frette...

Mon départ est à 9h et celui de JF est à 9h45. Le parcours est une boucle de 2,5 km que je devrai faire 2 fois, et lui 4 fois. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais moi j'aime les boucles. On sait ce qui s'en vient et on peut se fixer des repères, et on voit "notre monde" plus souvent que seulement au début et à la fin. Quoique aujourd'hui, mon spectateur personnel risque d'être moins facile à repérer dans la mer de pères Noël... (mais un petit jeu de "Où est Charlie" à la mi-parcours pourrait me faire penser à autre chose qu'à quel point je suis en train de mourir rusher...).

Des pères Noël à perte de vue!

Parce que oui, je m'attends à trouver ça dur. Évidemment, je n'ai pas choisi la bonne course pour essayer de faire un PB (personal best), et encore moins pour passer pour la première fois sous la barre des 30 minutes. Disons-le, 1) la nouvelle tendinite des extenseurs des orteils diagnostiquée cette semaine, 2) la gastro qui est entrée chez nous il y a 2 jours et 3) le costume de père Noël, sont des facteurs peu propices aux records! Malgré cela, j'espère que la magie de Noël va opérer et je me suis fixée les objectifs suivants :

Objectif A, très ambitieux : 29:59 (pace < 6:00/km);
Objectif B, ambitieux mais possible si ça va bien : < 6:10/km (mon meilleur pace à l'entraînement sur 5 km);
Objectif C, réaliste : battre mon meilleur temps officiel, soit 33:14.

Le 29:59, j'y croyais moyen. Ma nature étant ce qu'elle est, je n'aime pas trop forcer. Mais je voulais savoir ce que j'avais dans le ventre avant la fin de la saison et essayer de faire comme les "vrais" coureurs sur 5 km, soit y aller all out. Ou, dans les mots de mon amie Geneviève :

1er km : un peu difficile
2e km : difficile
3e km : impression de mourir, envie très forte de ralentir
4e km : probablement morte, tu ne sais plus trop
5e km : regain d'espoir, tu accélères pour finir ce calvaire au plus sacrant, t'as plus d'oxygène du tout pendant les 400 derniers mètres

Beau programme... Avec ça en tête (et les pieds gelés durs), je me place à la ligne de départ, et c'est parti!

0-1 km : Mes pieds ne dégèlent pas - ils sont raides et ne "plient" pas. Il y a des nappes de glace sur la route qu'il faut éviter. Ma tendinite fait déjà mal. Premier km en 5:29. Shit, je vais trop vite, je vais manquer de jus avant la fin.

1-2 km : Mon départ canon se fait sentir et j'ai vraiment envie de marcher, mais je résiste. Je me permets de ralentir un peu (ça va quand même plus vite que marcher). Je commence à avoir chaud. J'ai des poils de barbe de père Noël dans la bouche. Bref, je suis un père Noël pas trop souriant. Deuxième km en 6:01. Le pace est mieux, mais je fatigue.

2-3 km : J'atteins la mi-parcours et je commence la deuxième boucle. Plus de 50% de fait. Mes pieds commencent à dégeler un peu (enfin!). J'ai vraiment chaud. La barbe me gosse. Troisième km en 6:15. Mes capacités de calcul mental ne sont pas particulièrement efficaces, mais il me semble que le 29:59 est encore possible si j'accélère et je maintiens 6:00/km.

Mi-parcours... Hohoho ça achève-tu?

3-4 km : Je ne suis pas capable d'accélérer. J'opte pour faire de courts intervalles vite-lent en espérant sprinter mon dernier km (on sait jamais, peut-être que je pourrai m'accrocher au petit renne au nez rouge dans le dernier droit). Quatrième kilomètre en 6:22. C'est vite pour moi, mais ce ne sera pas suffisant. Bye bye objectif A.

4-5,09 km : J'ai trop chaud. Je finis même par enlever ma tuque (c'est tout dire). Je continue d'accélérer et de ralentir - n'importe quoi pour changer le mal de place sans marcher. Vers 500m de la fin, je vois la ligne d'arrivée. Je me répète que c'est presque fini et que je suis capable de tout pendant 500m, même courir super vite! (Mon pied qui fait mal n'est pas trop d'accord...) Mini-sprint sur les 100 derniers mètres, et enfin FINI! Dernier kilomètre en 6:22; le 0,09 km excédentaire en 0:28. La face du père Noël est probablement aussi rouge que son suit.

Temps officiel : 30:58 (6:11/km).
Selon ma Garmin : 30:58 sur 5,09 km (soit 6:05/km; 30:30 sur 5 km).
Rang chez les filles : 47 sur 188 (je me fous complètement de mon classement, mais pour une fois que je suis dans le top 25%, aussi bien le souligner!)

Objectif B réussi. Une partie de moi est un peu déçue de ne pas avoir réussi à passer sous les 30 minutes. En même temps, c'était un objectif TRÈS ambitieux, et les conditions étaient loin d'être idéales. En plus, j'ai retranché 2:16 sur mon meilleur temps officiel et près de 5 minutes sur mes temps sur 5 km du début de la saison, ce qui n'est pas rien!

Et l'amoureux, lui?

Où est Charlie JF?
Et l'autre coureuse en jupette?

Il a gagné le 10 km en 42:05!



Bref, c'était le FUN (même si ce n'est peut-être pas l'impression que donne mon compte-rendu!). Une belle course festive, au frette, avec des chansons de Noël et des bénévoles habillés en lutins. (Il ne manquait que le chocolat chaud avec des mini-guimauves dedans!) Tout plein de coureurs, de tous les âges et de tous les calibres, qui ne se prennent pas au sérieux et qui courent en père Noël. C'était d'ailleurs un peu surréaliste, mais vraiment agréable, de crier "Go Père Noël!" à tous les coureurs du 10 km que j'ai eu le plaisir d'encourager après ma propre course! Et ça ne pouvait pas mieux conclure ma saison 2013!

vendredi 22 novembre 2013

Courir... en jupette!

Je ne suis ni une athlète, ni une coquette. Pourtant, j'aime les jupettes. Et la course. Ce qui étonne parce que je n'ai pas l'ADN d'une coureuse. Tout le contraire en fait. Mais ce qui a commencé par une gageure impossible avec moi-même est, contrairement à toute attente, devenue une passion. Mes débuts difficiles, ponctués de blessures de toutes sortes (après 30+ années de sédentarité, le corps rouspète...), m'ont fait découvrir une facette de moi-même, tenace et persévérante, que je ne connaissais pas. Chaque progrès est une immense réussite, que j'attribue évidemment aux pouvoirs magiques de la jupette... (Bin quoi, c'est ma cape de superhéros!) Maintenant, je suis curieuse de voir où mes souliers vont me mener, jusqu'où je pourrai aller. C'est à suivre!